Les perroquets et perruches en hiver

Comprendre et accompagner nos oiseaux en captivité

Majestic white parrot braving the winter snowfall. 68727683 Stock Photo at  VecteezyQuand l’hiver s’installe en Belgique, le quotidien de nos perroquets et perruches change subtilement. Même protégés du gel et du vent, ces oiseaux exotiques restent profondément influencés par la saison. Lumière plus courte, air plus sec, températures fluctuantes : autant de facteurs qui modifient leur comportement, leur organisme et leurs besoins. Pour l’éleveur amateur, l’hiver n’est pas une période creuse, mais un moment clé d’observation et de préparation.

Une ambiance plus calme dans la volière

Avec la diminution naturelle de la durée du jour, les perroquets et perruches tendent à ralentir leur rythme. Les périodes de repos s’allongent, l’activité baisse légèrement et les interactions sociales deviennent plus posées. Certains oiseaux recherchent davantage la proximité de leurs congénères, tandis que d’autres adoptent des habitudes plus routinières. Ce calme apparent est normal : il correspond à un mécanisme biologique ancestral qui permet d’économiser de l’énergie.

Adapter l’alimentation aux besoins hivernaux

En hiver, le corps des oiseaux doit fournir plus d’efforts pour maintenir sa température. Une alimentation légèrement plus énergétique est donc bienvenue, sans pour autant tomber dans l’excès. Les mélanges de graines peuvent être enrichis avec parcimonie, tandis que les légumes cuits et tièdes trouvent parfaitement leur place dans la ration quotidienne. Les apports en vitamines et minéraux, notamment le calcium et la vitamine D3, deviennent essentiels lorsque l’exposition au soleil diminue.

L’eau fraîche et propre reste indispensable, même par temps froid. Elle doit être renouvelée chaque jour et protégée du gel, car une hydratation insuffisante fragilise rapidement l’organisme.

Le corps à l’écoute des saisons

Physiologiquement, l’hiver entraîne un ralentissement du métabolisme. Les perroquets gonflent souvent leur plumage pour conserver la chaleur, un comportement parfaitement naturel. Le stockage des réserves énergétiques augmente également, ce qui impose une surveillance du poids, surtout chez les oiseaux vivant en intérieur. Un bon équilibre entre repos et activité reste primordial pour éviter le surpoids.

La mue, parfois discrète mais exigeante

Chez certains individus, une mue partielle peut survenir durant l’hiver, en particulier lorsque l’éclairage artificiel modifie les cycles naturels. Cette phase demande un soutien nutritionnel spécifique : protéines de qualité, minéraux et bains réguliers favorisent un renouvellement du plumage harmonieux. Un environnement calme et stable aide l’oiseau à traverser cette période sans stress inutile.

L’hiver, fondation de la future reproduction

Traditionnellement considérée comme une période de repos reproducteur, la saison hivernale évolue aujourd’hui sous l’influence du réchauffement climatique. Les hivers plus doux, parfois entrecoupés de périodes anormalement chaudes, modifient les repères biologiques de nombreux perroquets et perruches. Il n’est donc plus rare d’observer des comportements reproducteurs, voire des pontes, en plein hiver, y compris chez des espèces autrefois strictement printanières.

Instaurer un repos reproducteur

La première étape consiste à offrir aux oiseaux un repos reproducteur réel. Cela signifie l’absence de toute stimulation pouvant déclencher des comportements de nidification : retrait des nichoirs, limitation des matériaux de construction et alimentation non stimulante. Ce repos permet à l’organisme de se régénérer et d’aborder la future reproduction dans de meilleures conditions.

Maintenir une alimentation d’entretien équilibrée

L’hiver est idéal pour proposer une alimentation d’entretien, qui soutient l’organisme sans exciter l’instinct reproducteur : mélange de graines adapté, légumes frais ou légèrement cuits, et apports en minéraux. Les compléments protéiques ne sont utilisés que pour la mue ou la condition générale.

Chez les psittacidés, le taux de graisse corporelle varie selon la saison et l’état physiologique. En période hivernale, ce taux constitue une référence importante. En hiver, chez les oiseaux vivant en milieu naturel ou en volière extérieure, le taux de graisse se situe généralement entre 9 et 15 % du poids corporel. Cette réserve permet de couvrir les besoins énergétiques liés au froid et à la thermorégulation. Chez les psittacidés maintenus en captivité à l’intérieur, où la température et l’alimentation restent stables, le taux de graisse hivernal est plus bas et correspond au taux de base, soit environ 8 à 12 % du poids corporel.

À partir de ce taux hivernal de référence, la période de reproduction entraîne une augmentation physiologique des réserves lipidiques. Durant la reproduction, le taux de graisse augmente en moyenne de 2 à 5 points de pourcentage par rapport au taux observé en hiver. Ainsi, un psittacidé présentant un taux de graisse hivernal de 9 à 12 % peut atteindre environ 11 à 17 % du poids corporel en période reproductive. Cette augmentation est plus marquée chez la femelle, car les graisses sont mobilisées pour la production hormonale, la formation du jaune d’œuf, la ponte, la couvaison et l’élevage des jeunes.

Cette élévation du taux de graisse doit rester temporaire et contrôlée. Un taux inférieur à 5 % indique un état de maigreur, tandis qu’un taux supérieur à 20 à 25 % du poids corporel correspond à un surpoids pathologique ou à une obésité, avec un risque accru de troubles de la reproduction, de rétention d’œuf et de stéatose hépatique. Après la période de reproduction, le taux de graisse doit progressivement redescendre vers le niveau hivernal de référence, soit 8 à 12 % en captivité intérieure ou 9 à 15 % en conditions naturelles.

Observer et renforcer la condition physique

L’hiver permet de vérifier l’état corporel des futurs reproducteurs : poids, plumage, tonicité et vitalité. Un oiseau en bonne condition physique abordera la reproduction plus sereinement et de manière plus efficace.

Stabiliser les couples et les groupes

La stabilité sociale est essentielle. L’hiver offre une période calme pour observer les affinités, détecter les tensions et confirmer les couples. Un couple stable durant l’hiver aura davantage de chances de mener une reproduction harmonieuse.

Adapter progressivement la lumière

La gestion de la lumière est un levier puissant. En hiver, il est conseillé de respecter un cycle lumineux stable, sans prolonger artificiellement la durée du jour. L’augmentation progressive de la lumière au printemps déclenche naturellement l’instinct reproducteur.

Le cas particulier des perroquets sud-américains

Chez de nombreux perroquets originaires d’Amérique du Sud (amazones, conures, aras, caiques…), le nichoir ne sert pas uniquement à la reproduction. Il est souvent utilisé comme abri pour dormir. Dans ces cas, il est possible de laisser le nid en place pendant l’hiver. L’essentiel est de rester attentif aux signes de reproduction : accouplements, défense du nid ou début de ponte. Si une reproduction démarre naturellement, il est préférable d’accompagner la situation plutôt que de la contrarier.

Renforcer l’immunité et la santé

Un oiseau affaibli en hiver aura plus de difficultés à se reproduire. Une alimentation variée, une bonne hygiène et une température adaptée permettent de préserver la santé. L’hiver est aussi le moment idéal pour un contrôle vétérinaire préventif.

Conditions de logement en hiver

La stabilité est le maître-mot. Les variations brusques de température et les courants d’air sont les principaux ennemis de l’hiver. Un abri sec, bien ventilé mais protégé, ainsi qu’un éclairage respectant un rythme jour/nuit cohérent, contribuent au bien-être général. L’humidité excessive doit être évitée, car elle favorise les affections respiratoires.

Vigilance sanitaire renforcée

L’hiver est une période où les défenses immunitaires peuvent être mises à rude épreuve. Un plumage constamment ébouriffé, une respiration inhabituelle ou une baisse d’appétit ne doivent jamais être négligés. Une observation attentive et une réaction rapide sont les meilleurs alliés de l’éleveur amateur.

En résumé

L’hiver n’est plus seulement une période de repos : c’est une saison de préparation, d’équilibre et d’observation.

  • Respecter le rythme naturel et la photopériode (Durée quotidienne d’éclairement par rapport à l’obscurité)
  • Adapter l’alimentation et surveiller la condition physique
  • Observer les couples et préparer l’environnement

En combinant patience, attention et respect du rythme de chaque oiseau, l’éleveur amateur pose les bases d’une reproduction réussie et d’oiseaux en bonne santé, prêts à accueillir le printemps.

Dylan Banckaert

Vice-Président A.B.A.P.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *